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Pour une stratégie portuaire nationale partagée

Publié le 6 octobre 2016
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TDIE présente la réflexion élaborée par le Conseil scientifique de TDIE, en collaboration avec l’Union des Ports de France, pour contribuer au débat sur l’avenir de la politique portuaire. Le rapport propose cinq orientations pour améliorer la compétitivité des ports français.

Elles seront mises en débat à l’occasion du colloque du 11 octobre sur le thème : “Stratégie portuaire et défis logistiques : quels leviers pour des dynamiques de long terme ?”

Télécharger le rapport de TDIE : Cinq orientations pour améliorer la compétitivité des ports français

Depuis 15 ans, TDIE porte un intérêt particulier aux questions portuaires.

Ces questions sont nombreuses : financement des infrastructures, précision des missions et moyens des différents acteurs portuaires, articulation des dynamiques portuaires avec les systèmes de transport des hinterlands, stratégie commerciale et développement des services aux entreprises, structuration d’une offre logistique. Elles révèlent des enjeux de politique publique de plus en plus complexes. Les mutations économiques portées par la mondialisation des échanges, l’intégration européenne, et la poursuite du mouvement de décentralisation engagé il y a bientôt 40 ans ont contribué à redéfinir le cadre des systèmes logistiques. Les ports sont appelés à y jouer un rôle de plus en plus important.

La place des ports dans l’économie nationale est pourtant méconnue. Les courbes des différents trafics traités dans les ports français sont autant des indicateurs de l’attractivité de nos ports pour les armateurs, que des dynamiques industrielles et commerciales de notre économie. Ils sont à l’articulation entre les grands flux maritimes mondiaux de plus en plus massifiés, et les systèmes logistiques continentaux mobilisés par l’industrie et le commerce.

A quelle échelle penser la stratégie portuaire ?

A quelle échelle faut-il élaborer une stratégie portuaire ? Doit-elle être conçue et portée par l’Etat, au niveau du port, dans une approche sectorielle ? L’autorité portuaire peut-elle relever seule ce défi ? Comment l’Etat doit-il coordonner la mobilisation de ses services ? Comment articuler les dynamiques des acteurs économiques, et les stratégies d’investissement et de développement territorial des pouvoirs publics ? Quelle place pour les nouvelles Régions, que la loi NOTRe appelle à se mobiliser dans les dynamiques logistiques à travers leurs responsabilités en matière de développement économique et de transport ?

Les différentes temporalités et échelles d’action doivent trouver des points de coordination afin d’assurer la lisibilité des projets stratégiques construits autour des systèmes portuaires. L’Etat conserve à ce titre un rôle important qu’il faut préciser dans la mise en œuvre des outils définis dans les dernières réformes.

La politique portuaire de l’Etat des 30 dernières années a été marquée par deux étapes de décentralisation (1992 et 2004). La loi de réforme portuaire de 2008 a été précisée par la loi pour l’Economie bleue adoptée en juin 2016. Les Ports autonomes devenus Grands ports maritimes disposent des outils pour développer une stratégie de développement commercial. Ils doivent désormais relever le défi de la concurrence avec les ports européens.

Les enjeux terrestres d’une stratégie de développement portuaire

Derrière les indicateurs des courbes de trafics traités dans nos ports, une évidence s’impose désormais : la bataille se joue à terre, à l’échelle des hinterlands. Notre pays doit trouver les moyens de consolider l’hinterland de ses ports, et d’assurer la coordination entre les stratégies de développement des Grands ports maritimes et les différentes politiques publiques.

En 2015, TDIE a présenté une contribution à la Conférence nationale de la logistique. Il était naturel de poursuivre cette réflexion autour des enjeux portuaires : le développement d’une politique de la logistique doit s’appuyer sur une stratégie portuaire déterminée et partagée entre l’Etat et les acteurs territoriaux, entre les pouvoirs publics et les professionnels.

Le Premier Ministre et le Secrétaire d’Etat en charge des Transports, de la Mer et de la Pêche ont, depuis, demandé à huit de nos collègues parlementaires de leur faire des propositions d’actions pour renforcer les dynamiques économiques et logistiques des façades maritimes et de leurs hinterlands portuaires. Les rapports présentés fin juillet soulignent ainsi la nécessité d’une coordination des acteurs publics, tout en manifestant des éléments de spécificité des dynamiques portuaires et territoriales de chaque ensemble port-hinterland.

Le débat est ouvert. Les propositions sont nombreuses. Nous attendons la réponse du Gouvernement à l’occasion d’un Comité interministériel pour la mer annoncé en novembre.

Pour contribuer au débat, le Conseil scientifique de TDIE propose Cinq orientations que nous rendons publiques à l’occasion de l’organisation du colloque du 11 octobre intitulé : « Stratégie portuaire et défis logistiques : quels leviers pour des dynamiques de long terme ? ». A ce rapport est annexé un dossier documentaire ; il s’adresse à toutes celles et tous ceux qui souhaitent se familiariser avec les problématiques portuaires et logistiques du moment.

Nous remercions le groupe de travail du Conseil scientifique qui s’est mobilisé pendant 10 mois pour préparer cette réflexion avec l’Union des Ports de France. Nous remercions chaleureusement celles et ceux qui ont accepté de partager leur expertise et d’accorder du temps à notre démarche à travers les auditions très riches qui ont contribué à l’élaboration de ces propositions.

Télécharger le Dossier documentaire annexé à l’étude

Philippe Duron et Louis Nègre, coprésidents de TDIE