Les transports locaux en Europe, institutions et pratiques : le bulletin Transport/Europe #13

Comment les transports locaux sont-ils organisés dans les différents pays européens ?

Le bulletin #13 de l’OPSTE a été imaginé au printemps 2025 dans la perspective des prochaines élections municipales et intercommunales qui se tiendront en France les 15 et 22 mars 2026. Pour l’occasion, le Conseil scientifique de TDIE prépare la deuxième édition de son étude sur les programmes transport, mobilité et logistique des candidats, et souhaitait nourrir son dossier de quelques éclairages européens.

En France, les collectivités du bloc communal jouent un rôle de plus en plus important dans la définition des objectifs et dans le financement des infrastructures et services de transport du quotidien, que ce bulletin traite sous l’acception plus générale de « transports locaux ». Effet du système institutionnel français, de l’histoire du mandat municipal comme de la décentralisation des compétences transport de l’État aux différents niveaux de collectivité (régions, départements, bloc communal), les questions de politique locale des transports, mobilité et logistique trouvent une place significative dans le débat public. Le débat politique préalable au renouvellement des assemblées et des exécutifs locaux est marqué par de nombreuses propositions et de nombreux débats sur les priorités et objectifs des politiques publiques locales de transport.

En est-il de même dans les autres pays européens ? Quel rôle les collectivités locales de rang comparable aux communes et intercommunalités françaises y jouent-elles ? A quelles dynamiques de fréquentation les différents réseaux de transport locaux doivent-ils faire face ?

Quatre tendances se dégagent à l’issue de ce panorama.

Il faut souligner tout d’abord la complexité qui se dégage de la comparaison des différents systèmes nationaux de décision. Même en s’appuyant sur une grille de lecture nationale d’une part, et sur la nomenclature d’unités territoriales statistiques de l’Union européenne (Nuts) d’autre part, il n’est pas toujours évident de s’y retrouver. Comme le remarque régulièrement l’OPSTE, si le cadre des politiques de l’Union européenne contribue à pousser des objectifs et des leviers et politiques publiques comparables et convergents, les systèmes institutionnels nationaux sont très différents, résultats d’histoires et d’usages singuliers, sur les fondations du principe de subsidiarité. A l’image de la France, de nombreux pays ont adopté plusieurs lois dédiées aux questions de transports ces dernières années. L’Europe est toujours riche de sa diversité !

Au-delà de cette complexité institutionnelle, il faut souligner quelques tendances générales. Avec une forme de modèle européen de la ville dense, les transports collectifs jouent un rôle important, et prennent une place substantielle dans les dépenses publiques des collectivités urbaines ; pour autant, la place de la voiture, et plus largement de la route reste devrait rester centrale. On constate dans le même temps une tendance générale à la réduction de l’espace public accordé à l’automobile dans les villes et zones urbaines denses, et un verdissement progressif des flottes de bus et autocars, comme des véhicules particuliers. L’attention portée aux mobilités actives, dites aussi mobilités douces, marche et vélo, se généralise.

Il faut remarquer que le trafic dans les transports en commun n’a pas partout repris son niveau d’avant la crise du covid. C’est le résultat de facteurs multiples et très différents : le développement du télétravail, du commerce électronique, des mobilités actives, et dans certains pays la conséquence d’une courbe démographique descendante concomitante du vieillissement de la population.

En s’appuyant sur les exemples de la Pologne et de la Roumanie, deux pays de l’Est de l’Union européenne qui ont montré un rattrapage fulgurant de l’usage de la voiture dans les vingt-cinq dernières années, on peut se demander si les politiques européennes parviendront à les accompagner vers une maîtrise de cette dynamique, et son rééquilibrage par des politiques de développement des transports collectifs.

Les « transports locaux », une somme de problématiques et de leviers d’action très importante

Cette livraison est particulièrement fournie. C’est le résultat de la mobilisation des dix experts de l’OPSTE, que nous remercions chaleureusement, et de la restitution des nombreux graphiques et illustrations divers issus des documents nationaux qu’ils nous ont proposés pour donner à voir tendances et dynamiques socio-économiques autour des questions de transport local.

Nous avons à ce stade deux regrets : les questions de logistique urbaine ne sont pas ressorties de manière significative ; les questions relatives aux politiques de mobilité dans les espaces ruraux et espaces peu denses mériteraient d’être approfondies.

Le prochain bulletin #14 de l’OPSTE apportera un complément à cette édition, en se concentrant sur les questions de financement des transports locaux en Europe. Nous espérons pouvoir vous le présenter avant la trêve estivale 2026 !

Télécharger le bulletin en français

L’édition traduite en anglais sera publiée dans les prochains jours

Quelques ressources :

Prendre connaissance de l’étude menée par TDIE en 2020 :

Publication TDIE à venir sur le même sujet : TDIE publiera en février sa grille d’analyse des programmes des candidats aux élections municipales et intercommunales 2026 ; l’étude sera publiée avant la fin du printemps.

Envie de partager ?