Notre Assemblée générale du 17 juin 2025 s’est tenue alors que la Conférence Ambition France Transports battait son plein. C’était l’occasion pour TDIE d’accueillir et de présenter ses deux futurs coprésidents, Sylvain Laval et Jean-Pierre Serrus, au cœur des sujets de préoccupation qui ont été confiés à notre think tank par ses adhérents il y a 25 ans.
Comment financer les infrastructures de transport dont notre pays a besoin, tant ses habitants que ses entreprises ? Comment garantir des politiques de financement fiables et soutenable des infrastructures de transport sur le moyen-long terme ? Entre recettes budgétaires et contributions des acteurs privés, financement par le contribuable et financement par l’usager, comment choisir les différents véhicules de financement à la disposition des décideurs publics ?
La présentation en janvier 2025 des réflexions du conseil scientifique de TDIE sur les modalités de financement des investissements nécessaires à la transition écologique des transports a été suivie d’une intervention de Madame Anne Conchon, professeure d’histoire moderne à Paris 1 auteure d’une thèse de doctorat sous le titre « Le péage en France au XVIIIe siècle. Les privilèges à l’épreuve de la réforme » (2000). On a pu ainsi mesurer la permanence des réflexions sur ces questions de financement et la qualité des réflexions dans une France où depuis trois siècles l’excellence de l’ingénierie des travaux publics comme de l’ingénierie financière est toujours au rendez-vous.
Les grandes questions des années 2025-2026 ressemblent beaucoup aux débats des premières années de TDIE – recettes budgétaires ou PPP ? débudgétisation consolidante ou déconsolidée ? redevance ou péage ? quelle acceptabilité et quel consentement à payer ? –.
Ce débat de clôture de notre assemblée générale fut l’occasion de constater des permanences de très long terme dans les grandes questions relatives au(x) modèle(s) économique(s) du développement comme – déjà ! – de l’entretien des réseaux d’infrastructures. Ces permanences se retrouvent tant dans les débats des experts, des ingénieurs, des décideurs, que dans les tensions générées par l’incompréhension ou le refus de contribution des usagers et contribuables. L’actualité internationale et les tensions géopolitiques du XVIIIe siècle avaient déjà des conséquences significatives sur les dépenses du pays…
La conclusion d’Anne Conchon parlera à tous les acteurs du secteur des transports : « [il y a intérêt] à inscrire l’analyse de l’action publique dans la longue durée, alors que les politiques publiques ont souvent tendance à se centrer sur le temps présent. ».
Bonne lecture !
Philippe Duron et Louis Nègre, coprésidents de TDIE
Vous pouvez télécharger ici le compte-rendu du débat, et visionner le replay le débat sur cette page.